Manœuvres : rencontres en art perfomance aux Îles-de-la-Madeleine

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Image :  La cohorte et l’équipe de Manœuvres, 2026. Photo : Antonin Monmart

Du 15 mars au 4 avril, quatre artistes sélectionnés par VIVA! et Le Lieu se sont rendus aux Îles-de-la-Madeleine pour participer à une résidence collective soutenue par AdMare : Mila Figuet (Montréal), Ileana Hernández Camacho (Mexique/Montréal), Catherine Lalonde Massecar (Montréal) et Maxime Sauvage (Québec). 

Au cours de la résidence, les artistes ont eu l’occasion d’échanger avec Alain-Martin Richard et d’explorer, à travers leurs pratiques respectives, sa définition de la « manœuvre », un geste performatif posé dans le réel. C’est une action préparée mais jamais figée, une situation qui s’ajuste au lieu, aux présences et aux imprévus. Afin d’alimenter le processus de chaque artiste, la période de résidence a été ponctuée de rencontres informelles, d’ateliers publics et d’infiltrations artistiques qui invitaient souvent la communauté et le territoire à y prendre part. 

Pour conclure, un événement public a été organisé qui, dans l’esprit d’un atelier ouvert, avec des moments à la fois ancrés dans l’instant que des fragments performatifs ouverts dans le temps. La possibilité de mieux comprendre le processus de chaque artiste grâce à la participation active du public a rendu l’expérience d’autant plus riche. Enfin, si cela a été l’occasion de découvrir quatre propositions distinctes, cela a également mis en évidence la réelle complicité entre les artistes et la porosité entre leurs méthodologies de travail.

Merci à nos partenaires de projet AdMare, et Le Lieu. Merci à l’équipe de production et au photographe, Antonin Monmart.

Artistes

Mila Figuet est une artiste de performance basée à Tiohtià:ke/Montréal. Sa pratique utilise l’art comme outil d’action et de sensibilisation, en particulier face aux violences basées sur le genre. Ses projets incluent des performances participatives, des interventions publiques et des installations audiovisuelles. Mobilisant le corps comme lieu de mémoire, d’écoute et de transformation, elle interroge les structures de domination, les silences entourant la violence et explore les possibilités de guérison, de résistance et de réappropriation par l’art. Diplômée des beaux-arts avec une spécialisation en Intermedia (Vidéo, Performance et Arts Électroniques) à l’Université Concordia, elle a collaboré avec des institutions culturelles et participé à des résidences au Canada et à l’international.

Pour Manœuvres, Mila Figuet propose un projet centré sur la colère, une émotion souvent stigmatisée mais porteuse de transformation individuelle et collective. Elle explore comment elle peut devenir langage politique, matière, énergie transformable ainsi que archive vivante, mémoire sensorielle et orale des injustices subies et des luttes des victimes.

Photos : Antonin Monmart

Ileana Hernandez est une artiste d’origine mexicaine, basée à Montréal depuis son adolescence. Elle détient un baccalauréat en beaux-arts de l’Université Concordia (2014) et une maîtrise en production artistique de l’UAEM (2024), à Cuernavaca. Sa pratique s’ancre dans la performance relationnelle et le camouflage humain, qu’elle aborde comme des stratégies sensibles d’écoute et de dialogue avec le territoire. À travers des vêtements et des objets du quotidien, elle transforme le corps en une surface de contact poétique, explorant les relations de réciprocité entre le vivant, l’inerte et les milieux aquatiques. Son travail a été présenté au Canada, au Mexique et à l’international.

Pour Manœuvres, Ileana Hernández propose le corps comme territoire liminal, traversé par des mémoires, des affects et des forces environnementales. Guidées par la répétition, l’intuition et le gozo, compris comme une joie politique et transformatrice, les actions performatives s’intéressent aux modes de protection de la réserve d’eau douce souterraine, fragile équilibre entre eau douce et eau salée, essentiel à la vie de l’archipel.

Photos : Antonin Monmart

Catherine Lalonde Massecar œuvre en arts interdisciplinaires depuis plus de quinze ans comme artiste-chercheuse et initiatrice de projets ancrés dans le réel, aux formes matérielles et immatérielles. Sa pratique oscille entre créations collaboratives avec des communautés du Centre-Sud de Montréal – où elle a fondé le Péristyle Nomade – et démarches d’expérimentation et d’infiltration menées en solo ou avec le Duo Massecar•d’Orion. Titulaire d’une maîtrise en théâtre de l’UQAM sur l’infiltration artistique en milieu urbain, elle a complété en 2024 un doctorat explorant la manœuvre opératique, afin d’intensifier la rencontre entre geste artistique et monde.

Pour Manœuvres, la recherche de Catherine s’inscrit dans une dynamique attentive aux manières d’habiter les lieux et d’y inscrire des gestes sensibles et politiques, en dialogue avec les personnes qui les traversent. L’exploration du territoire débutera par une partition graphique guidant déplacements et observations, pour éprouver la porosité des frontières et imaginer des actions incarnées.

Photos : Antonin Monmart

Maxime Sauvage est un artiste indisciplinaire explorant l’art-action, l’installation, la sculpture et la vidéo. Il développe l’install’action comme méthode de mise en récit et de rencontre. À l’automne 2025, il a présenté Espérer faire tempête chez Regart, point culminant de son projet de recherche-création à la maîtrise en art visuel de l’Université Laval. Titulaire d’un baccalauréat en Beaux-Arts (sculpture) de l’Université Concordia et d’un diplôme en design de l’environnement de l’UQAM, Maxime a également étudié l’architecture à Dalhousie. Cofondateur de Limina, il a réalisé des résidences à la Fondation REDA, Engramme (LCSA) et poursuivra prochainement à La Charpente des Fauves, Sagamie et le 3e impérial.

En 2023, ses recherches sur le rapport ambigu à l’hiver ont conduit Maxime à explorer l’obsession des québécois·e pour le déneigement et l’usage massif de sel de déglaçage. Pour mieux en comprendre les effets et les logiques, Maxime a entrepris une série de manœuvres en récoltant plus de 150 kg de sel urbain, qu’il a séché, trié et transformé. Pour Manœuvres, Maxime Sauvage ramène ce sel aux Îles-de-la-Madeleine afin de créer des gestes sensibles et collectifs, explorant errance, sérendipité et rencontres fortuites avec le territoire et ses habitant·es.

Photos : Antonin Monmart

AdMare promeut l’art actuel aux Îles-de-la-Madeleine. Avec une programmation régulière d’expositions individuelles et collectives, des résidences, des événements artistiques d’envergure et des projets de publication, AdMare offre aux artistes un espace de ressourcement, d’exploration, d’échange et de réflexion en relation avec le territoire et la communauté dans laquelle il opère.